Entretien sur le renforcement et transformation des systèmes éducatifs

« Les revendications des enseignants sont souvent mal perçues… », Chaka Mallé, Maître principal de l’enseignement fondamental (français) au Mali

28 octobre 2024 · 20 min de lecture

1

Quels sont les programmes de formation des enseignants proposés dans votre pays ? Quelle est la durée moyenne de ces formations ?

« Le programme de formation des enseignants au Mali est fait à travers le Programme décennal de développement de l’éducation qui vise à assurer le droit des citoyens à une éducation et à une formation de qualité, à travers un système éducatif inclusif, cohérent et fonctionnel. Ce programme est soutenu par le Ministère de l’Éducation nationale. Il est mis à la disposition des différents formateurs dans les différentes écoles du primaire. Nous suivons tous le même programme dans toutes les écoles, que ce soit au niveau primaire ou au niveau secondaire.

La formation des enseignants peut prendre deux à quatre ans. Il y a deux types d’enseignants, ceux qui ont le niveau diplôme d’études fondamentales (DEF) et ceux qui ont le niveau baccalauréat. Le niveau DEF demande quatre ans de formation et le niveau Bac deux ans. L’admission aux écoles de formation des enseignants se fait sur concours. L’accès est possible pour tout le monde. L’unique prérequis est d’être détenteur du diplôme d’études fondamentales ou du Bac. »

Les programmes sont-ils alignés sur les besoins réels des écoles et des élèves ?

« Cette formation commence à̀ être un peu caduque, vu le niveau des enseignants aujourd’hui, je pense qu’il est temps de la changer. Aujourd’hui, on accepte au concours les deux niveaux, le niveau diplôme d’études fondamentales (DEF) et le niveau Baccalauréat, mais on constate que les enseignants au niveau DEF sortent avec un niveau très faible pour pouvoir enseigner. On ne peut pas compter sur de bons résultats chez les élèves, parce que le formateur n’est même pas de qualité. Surtout dans le contexte du Mali où on opte pour un enseignement de masse et non un enseignement de qualité.

C’est cet enseignement de masse qui pose problème. Tout le monde ne peut pas passer à la classe supérieure, c’est impossible. Il faut une bonne sélection et tel n’est pas le cas chez nous aujourd’hui. Dans les écoles primaires, de la première à la deuxième année il n’y a pas d’examen, la sélection est faite selon les évaluations des différents trimestres. Et on attend que les 50% de la classe passent à une classe supérieure, cela ne va pas du tout. C’est un enseignement de quantité, qui ne peut pas donner de la qualité. »

Quelles sont les opportunités de formation continue offertes aux enseignants en exercice ? Existe-t-il des programmes de recyclage ou de mise à jour des compétences ?

« Les opportunités de formation continue sont disponibles mais très peu. Si les enseignants recevaient chaque année ces formations continues, on aurait pu remédier aux problèmes qui existent actuellement. Cependant, très peu d’enseignants sont formés pendant l’année au secondaire. Si la formation était continue, les enseignants auraient été en mesure de remédier à leurs problèmes.

À la sortie de l’école de formation, l’enseignant peut exercer pendant deux à trois années sans bénéficier d’une autre formation, ce qui est un sérieux problème. Les enseignants ont mené beaucoup de luttes dans ce sens. »

Quels sont les principaux défis auxquels est confrontée la formation des enseignants ? Quelles recommandations avez-vous pour prendre en charge ces défis dans votre pays ?

« Pour relever le niveau des enseignants, je crois qu’il faudrait élever le critère d’accès au concours, en acceptant seulement ceux qui ont au moins le diplôme du Bac et non le DEF. Les titulaires du diplôme d’études fondamentales sont âgés d’environ 14 ans, après la formation ils ont 17 – 18 ans et ils se retrouvent dans les classes, devant les élèves, étant encore eux-mêmes des enfants. Ils sont très jeunes, ils n’ont aucune conscience de ce qui les attend.

Ensuite, il faut éviter les effectifs pléthoriques dans les salles de classe. Il faut aussi chercher à̀ ouvrir cette passerelle de formation continue pour les enseignants, afin qu’ils soient mieux formés. Tant que les enseignants ne sont pas formés comme il faut, ils ne peuvent pas donner le meilleur d’eux- mêmes. Il faut inculquer cette pédagogie à chacun d’entre nous.

Aujourd’hui, les gens manquent de vocation, beaucoup viennent aujourd’hui pour l’argent. Il faut mettre cela de côté et savoir que si la richesse est la motivation il ne faut pas choisir l’enseignement. C’est un métier noble, on vient pour former. »

Quelle évaluation faites-vous de vos conditions de travail en tant qu’enseignant ?

En tant qu’enseignant, nos conditions de travail ne sont vraiment pas bonnes. Nous avons un problème d’infrastructures, nous avons un problème de matériel didactique et nous ne nous sentons pas en sécurité

« En tant qu’enseignant, nos conditions de travail ne sont vraiment pas bonnes. Nous avons un problème d’infrastructures, nous avons un problème de matériel didactique et nous ne nous sentons pas en sécurité́. Ce sont des situations auxquelles il faut chercher à̀ remédier le plus vite possible.

Au niveau des salaires, ce n’est pas du tout facile même si nous avons des primes de logement ajoutées au salaire, il y a aussi des primes de zone. Mais tout cela, ce sont des sommes insignifiantes. Aujourd’hui au Mali, les primes de logement que nous percevons ne permettent vraiment pas de loger quelqu’un. Au lieu que l’État construise des logements pour les enseignants, on nous octroie des primes de logement qui ne permettent pas l’accès à des logements confortables. Ce n’est pas facile si tu as une famille de sept, huit personnes.

Nous sommes très mal rémunérés par rapport au coût de la vie. Cela ne correspond pas aux charges auxquelles nous sommes obligé de survenir, car nous avons nos petites familles à prendre en charge. Et chez nous en Afrique le social est important, s’il y a un travailleur dans la famille, il est obligé de nourrir dix bouches. Et parfois les salaires viennent même en retard, c’est un sérieux problème.

Ce sont des choses contre lesquelles il faut vraiment lutter. Il faut mettre les gens dans de bonnes conditions pour qu’ils puissent donner le meilleur d’eux-mêmes.

Nous bénéficions de l’assurance maladie obligatoire. Mais ce n’est pas facile. Les prestations ne sont pas toutes prises en compte. Avec l’assurance maladie obligatoire, on peut partir à l’hôpital, mais sur l’ordonnance qu’on va prescrire il y aura beaucoup de médicaments et traitements qui ne sont pas pris en charge. Ce n’est pas facile. »

Comment gérez-vous les classes surchargées ou les ressources limitées ?

« Nous enseignons 24 heures par semaine au second cycle, de la septième année à la neuvième année. Niveau primaire, ils enseignent 36 heures par semaine, donc 6 heures par jour. Vous imaginez un peu ce que cela fait. Nous avons aussi des effectifs pléthoriques, on se retrouve avec 100 et quelques élèves dans une seule classe. Une classe qui est censée abriter 50 élèves. La gestion devient très difficile, la compréhension également. Par exemple, au moment où certains se retrouvent concentrés, d’autres perturbent la classe.

C’est pourquoi nous faisons parfois recours à une division de la classe quand l’effectif est de trop. Le temps de travail également est divisé en deux. Si la journée fait 6 heures, on prend la moitié de la classe durant 4 heures le matin et l’autre moitié 4 heures le soir. Cela demande un double effort du maitre pour que les élevés d’une même salle de classe soient au même niveau d’évolution. Ce qui pose un problème par rapport aux programmes. Avec le temps réel d’apprentissage, la division de classe nous pose un sérieux problème et surtout que les enseignants ne sont pas rémunérés à cet effet.

Les ressources pédagogiques ne sont pas suffisantes et ne peuvent donc pas être disponibles pour tout le monde. Un maitre doit travailler avec un document qu’il ne peut pas donner à chaque élève. L’État aujourd’hui n’est pas en mesure d’assister les écoles avec les ressources pédagogiques. Nous sommes obligés de nous baser sur les parents d’élèves en leur demandant d’acheter le matériel pour leurs enfants. »

Quelle place les nouvelles technologies occupent dans l’enseignement public au Mali ?

« Dans l’enseignement public au Mali, les nouvelles technologies ne jouent absolument aucun rôle. Elles sont même négatives pour nous. Parce que toutes les conditions ne sont pas réunies pour que nous puissions les utiliser, afin qu’elles soient profitables aux apprenants. Aujourd’hui, en tant qu’enseignant, tu peux préparer tes leçons avec un téléphone dans la maison, mais une fois en classe, quand tu demandes aux enfants d’utiliser cette nouvelle technologie, cela est un problème. Au lieu de rester concentré sur le cours, ils vont fouiller ailleurs.

Pour le moment, les nouvelles technologies entrainent des effets négatifs sur leur éducation. Ils n’arrivent pas à se concentrer sur les leçons. C’est pourquoi, pour le moment, nous cherchons même à interdire cette nouvelle technologie dans nos classes pour que les enfants puissent rester concentrés. »

Quel est l’impact de la situation sécuritaire sur l’enseignement ?

Il y a certaines zones dans lesquelles les écoles ne sont pas encore fermées mais la sécurité n’y est pas. Les enseignants s’efforcent à aller enseigner mais avec la peur au ventre

« Aujourd’hui au Mali, il y a des saisons où la totalité́ des écoles sont fermées. Les enseignants se retrouvent à la maison, sans boulot. Les enfants sont obligés de vaquer à d’autres choses, les parents d’élèves sont obligés de diriger leurs enfants vers autre chose. Il y a certaines zones dans lesquelles les écoles ne sont pas encore fermées mais la sécurité n’y est pas. Les enseignants s’efforcent à aller enseigner mais avec la peur au ventre. Tu peux être en classe et entendre des coups de fusil, ou recevoir des menaces à longueur de journée. Malgré tout, les enseignants se donnent du courage pour aller enseigner. Beaucoup d’enseignants ont perdu la vie, ainsi que beaucoup d’apprenants aussi. Nous avons des enseignants enlevés et nous ignorons aujourd’hui encore, où ils se trouvent ».

Comment analysez-vous la perception des populations sur les revendications des enseignants ?

« Il ne faudrait pas que l’enseignant reste cette personne toujours mal vue par la société. Pour la petite histoire, il était très difficile pour les enseignants de se marier, parce qu’ils étaient considérés comme les grands pauvres et les mal payés de la société. Ils pouvaient faire trois à six mois sans salaire.

Nous avons lutté pour un changement des conditions de vie, nous sommes parvenus à le faire. Nous avons demandé des primes auxquelles nous n’avions pas encore droit. Nous avons forcé l’Etat à nous mettre dans nos droits, et même jusque là, nous ne bénéficions pas de tous nos droits. Aujourd’hui, la population pense que nous sommes dans des bonnes conditions et que nous continuons à lutter pour rien, il faut comprendre que si un enseignant lutte, c’est pour les enfants.

Il faudrait que l’enseignant soit bien habillé, bien propre devant ses élèves pour qu’il soit respecté. Il faudrait que l’enseignant soit respecté dans la société. C’est pourquoi nous avons lutté pour que nos conditions soient meilleures et qu’on aille à la révision des différents textes. »

Quelles améliorations souhaiteriez-vous voir dans le système éducatif pour vous assurer de meilleures conditions de travail ?

« Il faudrait que les enseignants se sentent en sécurité. Il faut chercher à̀ sécuriser le pays pour que les écoles réouvrent et que les apprenants puissent prendre le chemin de l’école. Il faut que l’État parvienne à sécuriser les localités qui sont aujourd’hui dans les zones rouges. Par exemple, la région de Koulikoro, on considère certaines zones très dangereuses pour les enseignants. Plusieurs écoles sont fermées, ce n’est pas facile.

Dans nos écoles aussi, les conditions ne sont pas du tout bonnes. Dans chaque école publique, il devrait y avoir une infirmerie. Ce sont des choses sur lesquelles l’État doit se focaliser afin que les enseignants se sentent en sécurité. »


Chaka Mallé

Monsieur Chaka Mallé est maître principal de l’enseignement fondamental (français) en service au Cap de Faladie, dans la région de Koulikoro au Mali.

]

What teacher training programs are offered in your country? What is the average duration of these training courses?

“The teacher training program in Mali is carried out through the Ten-Year Education Development Program, which aims to ensure citizens’ right to quality education and training, through an inclusive, coherent and functional education system. This program is supported by the Ministry of Education. It is made available to the various trainers in the different primary schools. We all follow the same program in all schools, whether at primary or secondary level.

Teacher training can take from two to four years. There are two types of teachers: those with a Fundamental Studies Diploma (FSD) and those with a Baccalaureate. The FSD level requires four years’ training, and the Bac level two years. Admission to teacher training schools is by competitive examination. Entry is open to everyone. The only prerequisite is to have a basic school-leaving certificate or a baccalaureate.”

Are programs aligned with the real needs of schools and students?

“I think it’s time to change this training, which is starting to become a bit outdated, given the level of teachers today. Today, both levels are accepted for the competitive examination, the holders of FSD and Baccalaureate, but we find that teachers at FSD level come out with a very low level to be able to teach. We can’t count on good results from the students, because the trainer isn’t even of high quality. Especially in the Malian context, where we’re opting for mass education rather than quality teaching.

The problem is mass education. It’s impossible for everyone to move up to the next grade. You need a good selection process, and that’s not the case here today. In elementary school, from the first to the second year, there are no exams; selection is made according to the assessments of the different terms. And we expect the 50% of the class to go on to the next grade, which is no good at all. It’s quantity teaching, which can’t deliver quality.”

What continuing education opportunities are available to practicing teachers? Are there any retraining or skills updating programs?

“Continuing education opportunities are available, but very few of them. If teachers received in-service training every year, the problems that currently exist could have been remedied. However, very few teachers are trained during the year in secondary school. If training were continuous, teachers would have been able to remedy their problems. On leaving the training school, a teacher can practice for two or three years without benefiting from any further training, which is a serious problem. Teachers have fought hard for this.”

What are the main challenges facing teacher training? What recommendations do you have for tackling these challenges in your country?

“To raise the quality level of teaching staff, I think we need to raise the entry criteria for the competitive examination, accepting only those with at least the Bac diploma and not the basic studies diploma. Holders of the basic studies diploma are around 14 years old, after training they are 17 – 18 years old and they find themselves in classrooms, in front of students, still being children themselves. They’re very young, and have no idea what’s in store for them.

Secondly, we need to avoid overcrowded classrooms. We must also seek to open up this gateway of continuing education for teachers, so that they are better trained. As long as teachers aren’t properly trained, they can’t give their best. We need to inculcate this pedagogy in all of us. Today, people lack vocation; many come for the money. You have to put that aside and realize that if wealth is the motivation, you shouldn’t choose teaching. It’s a noble profession, we come to train.”

How would you assess your working conditions as a teacher?

“As teachers, our working conditions are really not good. We have an infrastructure problem; we have problem with teaching materials and we don’t feel safe. These are situations we must seek to remedy as quickly as possible.

As far as salaries are concerned, it’s not easy at all, even if we have housing bonuses added to the salary, and there are also zone bonuses. But all these are insignificant sums. In Mali today, the housing bonuses we receive don’t really allow us to house anyone. Instead of the State building housing for teachers, we’re given housing bonuses that don’t allow access to comfortable accommodation. It’s not easy if you have a family of seven or eight people.

As teachers, our working conditions are really not good. We have an infrastructure problem; we have a problem with teaching materials and we don’t feel safe

We are very poorly paid in relation to the cost of living. It doesn’t match the burdens we have to bear, because we have families to take care of. And for us in Africa, the social aspect is important; if there’s a worker in the family, he’s obliged to feed ten mouths. And sometimes salaries come late, which is a serious problem. These are things we really have to fight against. We need to put people in the right conditions so that they can give their best.

We also benefit from compulsory health insurance. But it’s not easy. Not all healthcare services are covered. With compulsory health insurance, you can go to hospital, but on the prescription, you’ll get there are a lot of drugs and treatments that aren’t covered. It’s not easy.”

How do you deal with overcrowded classes and limited resources?

“We teach 24 hours a week in the second cycle, from seventh to ninth grade. At primary level, they teach 36 hours a week, so 6 hours a day. You can imagine what that’s like. We also have overcrowding, with 100 or so students in a single classroom. A class that’s supposed to house 50 pupils. Management becomes very difficult, as does understanding. For example, just when some students are concentrating, others disrupt the class.

That’s why we sometimes have to split the class when there are too many children. Working hours are also divided in two. If the day is 6 hours long, we take half the class for 4 hours in the morning and the other half for 4 hours in the evening. This requires a double effort on the part of the teacher to ensure that all pupils in the same classroom are at the same level of development. This poses a problem in terms of curricula. With real learning time, class division poses a serious problem, especially as teachers are not paid for it.

Pedagogical resources are not sufficient and therefore cannot be available to everyone. A teacher has to work with a document that he can’t give to every pupil. Today, the state is not in a position to assist schools with teaching resources. We have to rely on the parents of the pupils, asking them to buy the materials for their children.”

What role do new technologies play in public education in Mali?

“In public education in Mali, new technologies play absolutely no role. They are even negative for us. Because not all the conditions are in place for us to be able to use them to the benefit of learners. Today, as a teacher, you can prepare your lessons with a phone at home, but once in the classroom, when you ask the children use this new technology, it’s a problem. Instead of staying focused on the lesson, they go and look elsewhere. At the moment, new technologies are having a negative impact on their education. They can’t concentrate on their lessons. That’s why, for the time being, we’re even trying to ban this new technology from our classrooms so that the children can stay focused.”

What impact has the security situation had on teaching?

“Today in Mali, there are seasons when totalitý of schools are closed. Teachers find themselves at home, without a job. Children are forced to go about other things, parents are forced to direct their children to something else. There are some areas where schools are not yet closed, but there is no security. Teachers are doing their best to go out and teach, but with fear in their stomachs. You can be in class and hear gunshots, or receive threats all day long. Despite all this, teachers work hard to teach. Many teachers have lost their lives, and many learners too. Some of our teachers have been kidnapped, and we still don’t know where they are.”

What is your analysis of the public’s perception of the teachers’ demands?

“Teachers shouldn’t always be seen in a negative light by society. For the record, it was very difficult for teachers to get married, because they were considered to be the poorest and most poorly paid members of society. They could go three to six months without pay.

There are some areas where schools are not yet closed, but security is not there. Teachers are doing their best to go out and teach, but with fear in their stomachs

We fought for a change in living conditions, we succeeded. We asked for bonuses to which we were not yet entitled. We forced the State to give us our rights, and even so, we don’t enjoy all our rights. Today, people think that we’re in good conditions and that we’re still fighting for nothing, but you have to understand that if a teacher fights, it’s for the children. Teachers need to be well-dressed and clean in front of their students if they are to be respected. Teachers need to be respected in society. That’s why we’ve fought for better conditions and for the revision of various texts.”

What improvements would you like to see in the education system to ensure better working conditions?

“Teachers need to feel safe. We need to secure the country so that schools can reopen and learners can get back to school. The State must succeed in securing localities that are currently in red zones. In the Koulikoro region, for example, certain areas are considered very dangerous for teachers. Several schools are closed, and it’s not easy. In our schools, too, conditions are not at all good. Every public school should have an infirmary. These are things the state needs to focus on so that teachers feel safe.”


Chaka Mallé

Mr Chaka Mallé is a French primary school teacher working at Cap de Faladie in the Koulikoro region of Mali.

]
Vous avez trouvé cet article utile ? Partagez-le.