Entretien sur le renforcement et transformation des systèmes éducatifs

« Il n’y a ni bibliothèque ni laboratoire dans notre établissement », Prévert Djossou, enseignant en espagnol au Bénin

20 septembre 2024 · 27 min de lecture

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Parlez-nous de votre statut en tant qu’enseignant au Bénin

« Dans le secteur de l’enseignement au Bénin, il y a trois catégories d’enseignants ; les fonctionnaires d’État, les agents contractuels et les aspirants au métier d’enseignant. Une hiérarchie administrative existe où il est nécessaire d’être aspirant au métier d’enseignant avant de pouvoir devenir enseignant fonctionnaire d’État.

Les enseignants fonctionnaires d’État et les agents contractuels bénéficient généralement de meilleures conditions, bien que le secteur de l’enseignement soit globalement critiqué pour ses carences. Ces deux catégories d’enseignants reçoivent des avantages tels que des primes de rentrée scolaire, des primes de rendement et un salaire standard.

En revanche, les aspirants au métier d’enseignant, qu’ils soient diplômés d’une école normale supérieure ou de l’Université et qu’ils aient réussi les tests d’admission, sont dans des conditions différentes. Une fois déployés sur le terrain, ils ne bénéficient pas des mêmes traitements que les fonctionnaires et les agents contractuels. Par exemple, ils accusent un écart salarial significatif de 50 000 francs et sont tenus d’effectuer 26 heures de cours, alors que la réglementation préconise 20 heures pour tous les enseignants, en particulier pour les enseignants adjoints.

Cette situation crée un sentiment de maltraitance chez les aspirants. Des problèmes supplémentaires persistent, notamment concernant les congés de maternité pour les femmes aspirantes. C’est pourquoi ils revendiquent une harmonisation de leurs conditions avec celles des autres catégories d’enseignants. »

Les programmes de votre école de formation vous permettent-ils aujourd’hui d’affronter les réalités du terrain et que peut-on faire pour améliorer l’existant ?

« Les matériels de formation dispensés par l’école normale supérieure sont adaptés aux réalités et aux besoins des apprenants. Ils permettent aux enseignants de transmettre efficacement les connaissances nécessaires. Cependant, à l’ère du numérique, des équipements complémentaires seraient souhaitables pour enrichir l’enseignement. Pour les langues étrangères comme l’espagnol, des outils technologiques seraient particulièrement utiles : vidéoprojecteurs, films, séquences d’images et supports audio permettraient d’immerger les élèves dans la langue.

Globalement, la formation reçue est considérée comme pertinente et exploitable sur le terrain. Néanmoins, une réflexion s’impose concernant l’emploi après l’obtention des diplômes. L’école devrait intégrer des heures d’atelier pour permettre aux élèves d’apprendre des métiers pratiques. Cette approche serait bénéfique car développer des compétences manuelles et pratiques offrirait une alternative surtout quand on est confronté au manque d’emploi à la sortie de l’université. »

Est-ce qu’il existe un système d’apprentissage continue pour les enseignants au Bénin ?

« Des animations pédagogiques trimestrielles sont organisées pour chaque matière. Des inspecteurs ou des conseillers pédagogiques interviennent lors de sessions d’une journée ou d’une demi-journée pour présenter les réformes et les nouvelles réalités liées à chaque discipline.

Une réflexion s’impose concernant l’emploi après l’obtention des diplômes. L’école devrait intégrer des heures d’atelier pour permettre aux élèves d’apprendre des métiers pratiques

Lorsque des inspecteurs identifient la nécessité d’intégrer de nouvelles approches, ils les introduisent et les présentent aux enseignants. Ces séances donnent lieu à des discussions approfondies pour évaluer la pertinence des réformes et des nouvelles propositions. Ces rencontres constituent également une plateforme permettant aux enseignants de formuler leurs propres propositions, lesquelles sont transmises à l’inspection pédagogique pour étude. Les retours sont communiqués lors de séances de formation ultérieures. Ces sessions sont considérées comme essentielles pour actualiser les compétences, harmoniser les pratiques pédagogiques et favoriser l’évolution continue du système éducatif. »

Les conditions de travail sont-elles satisfaisantes dans la localité où vous dispensez vos cours ?

« J’enseigne dans le collège d’enseignement général de Tori Akadjamé qui est situé dans la commune de Tori-Bossito, à environ deux kilomètres de la voie bitumée de Tori. La piste d’accès rurale est globalement bien entretenue, bien que des zones d’inondation se forment pendant la saison des pluies, compliquant légèrement la circulation.

L’établissement souffre d’un manque crucial de salles de classe. Alors que 31 groupes pédagogiques sont répertoriés, seules 21 salles sont disponibles. Parmi ces 21 salles, 8 sont construites comme des paillottes, avec des toits en tôle, ce qui compromet la sécurité des occupants.

Cette insuffisance d’infrastructures contraint certains groupes à attendre qu’une salle se libère pour pouvoir suivre leurs cours. Les conditions de sécurité sont précaires, comme l’illustre un récent épisode lors d’une forte pluie accompagnée de vents violents. On a vite compris qu’il fallait évacuer la salle. Tout de suite, on a demandé aux élèves de nous suivre. On a quitté la salle et on les a envoyés dans d’autres salles où les professeurs ne pouvaient plus faire cours parce qu’il n’y avait plus de lumière. On n’a pas d’électricité dans la zone ni dans l’école. Donc, voilà une des stratégies qui nous a permis d’éviter le pire. Sinon, le bâtiment serait tombé sur nous. On est responsable des déconvenues parce qu’en tant qu’enseignant, face aux élèves, on est dans l’obligation d’assurer du début de son cours jusqu’à la fin la sécurité des enfants. »

Existe-t-il dans votre établissement, des ressources pédagogiques en nombre suffisant ?

« Malheureusement, dans notre établissement, nous ne disposons pas de laboratoire, ce qui rend la situation très compliquée. De plus, nous rencontrons des difficultés à préserver le peu de livres dont nous disposons. L’absence d’espace dédié aggrave la situation : par exemple, la salle des professeurs est en réalité une salle de classe transformée, dont une partie a été sectionnée pour les enseignants. L’espace est tellement limité qu’il est difficile de stocker correctement le peu de matériel disponible, ce qui complique encore davantage les choses. »

Sans bibliothèque, comment on se débrouille pour enseigner les langues étrangères ?

« La situation est un peu difficile, mais nous faisons avec. Sachant que ces contraintes existent, nous faisons des efforts pour être prêts avant chaque cours, notamment en apportant nous-mêmes le matériel nécessaire. Par exemple, aujourd’hui, il est possible d’avoir un dictionnaire sur son téléphone, ou encore des chansons accompagnées de paroles que nous pouvons faire écouter aux élèves. Nous utilisons nos propres moyens pour fournir à ces derniers les notions essentielles. Certes, nous aimerions avoir de meilleures conditions, comme un vidéoprojecteur ou d’autres outils mis à disposition par l’établissement. Cependant, avec les ressources limitées dont nous disposons, nous faisons au mieux pour que les élèves, même dans des salles surchargées et parfois inadaptées, puissent recevoir les enseignements nécessaires. »

Quelle différence vous notez entre les charges horaires et vos conditions de travail d’enseignant ?           

« Il existe un déséquilibre au niveau des salaires. Soyons honnêtes : ce que nous gagnons n’est pas à la hauteur de ce que nous devrions percevoir, surtout si l’on compare notre situation à celle des autres catégories d’enseignants. Pourtant, nous effectuons le même travail, déployons les mêmes efforts et avons été formés dans les mêmes établissements. Malgré cela, on nous désigne comme « aspirants au métier d’enseignant », un terme qui nous dérange profondément. Il est inadéquat d’appeler « aspirant » quelqu’un qui a 10 ans d’expérience dans le système éducatif. Nous sommes déjà pleinement intégrés dans l’enseignement et ce terme est clairement péjoratif.

Concernant les primes, les enseignants fonctionnaires d’État et les agents contractuels de droit public bénéficient de primes spécifiques lorsqu’ils exercent dans des zones déshéritées. Récemment, ces primes ont été regroupées et intégrées aux salaires mensuels sous forme de primes de rendement, notamment pour ceux qui encadrent des classes d’examen. Cependant, ceux qui ne sont pas dans ces zones déshéritées perçoivent des montants moindres, voire aucun complément. De notre côté, nous, les aspirants au métier d’enseignant, ne recevons rien de tout cela.

Avec les ressources limitées dont nous disposons, nous faisons au mieux pour que les élèves, même dans des salles surchargées et parfois inadaptées, puissent recevoir les enseignements nécessaires

Depuis l’instauration du système d’ »aspiranat« , nous en sommes à la cinquième année académique. Pendant les trois premières années, nous ne percevions que neuf mois de salaire, sans rien toucher pendant les vacances, alors que les autres catégories continuaient de recevoir leur rémunération. L’année dernière, un demi-salaire nous a été versé pendant les vacances, en juin et en août. Cette année, le gouvernement a annoncé que nous percevrons un salaire complet pendant les vacances, au même titre que les autres catégories. Toutefois, les écarts de traitement restent importants.

Il est impératif que le gouvernement se penche rapidement sur notre situation. Certains enseignants ont commencé comme vacataires avant l’instauration de l’aspiranat, exerçant de collège en collège pendant 10 à 12 ans. En ajoutant les cinq années d’aspiranat, cela fait près de 17 ans pour certains, sans statut clair. Nombre d’entre eux ont aujourd’hui 40 ou 45 ans, ce qui complique l’accès à une retraite correcte après 15 ans de service effectif.

Nous espérons que l’État procédera rapidement au reversement des aspirants, avec un changement de statut leur permettant de bénéficier de meilleures conditions de vie et de travail, en particulier sur le plan salarial. Obtenir un statut d’agent contractuel offrirait la possibilité de contracter des prêts bancaires, de construire une maison ou de résoudre divers problèmes financiers. Par ailleurs, il est crucial de réduire la charge horaire des enseignants à 20 heures de cours réglementaires, conformément aux normes en vigueur. Ces 20 heures d’enseignement en classe devraient être complétées par 20 heures consacrées à la préparation des cours, aux recherches, aux corrections de copies, et aux conseils de classe, garantissant ainsi un enseignement de qualité pour les apprenants. »

L’instauration de « l’aspiranat » n’a-t-elle pas permis de régler certains problèmes dans l’enseignement ?

« L’instauration de l’aspiranat a résolu de nombreux problèmes, soyons honnêtes. À l’époque de la vacation, les enseignants devaient parcourir plusieurs kilomètres pour se rendre de collège en collège. Ceux qui avaient la chance d’avoir trois ou quatre collèges dans une même zone pouvaient s’organiser, mais les déplacements restaient risqués. Il fallait quitter un cours à 10 heures dans un collège, pour être à 10 heures également dans un autre, avant de finir à midi et repartir dans un troisième établissement. Ce système présentait de réelles difficultés. De plus, les paiements s’arrêtaient souvent à la fin mai ou, dans le meilleur des cas, début juillet, après quoi il fallait faire face à quatre mois sans rémunération pendant les vacances.

Dans le primaire, les enseignants communautaires étaient payés par les cotisations des parents d’élèves. Cela conduisait parfois à des situations précaires, comme devoir regrouper plusieurs niveaux, sous la supervision d’un seul enseignant pour des effectifs pouvant atteindre 100 élèves.

Aujourd’hui, grâce au recrutement des aspirants, ces problèmes ont été partiellement résolus. Concernant le secondaire, l’aspiranat a permis de stabiliser les enseignants. Nous sommes désormais sédentarisés dans un seul collège, ce qui nous évite de devoir aller de gauche à droite. Je me souviens qu’à l’époque, j’étais affecté à trois collèges dans la commune de Tori-Bossito, et les déplacements étaient épuisants. Avec l’aspiranat, ce problème a été réglé : nous restons dans un collège, ce qui apporte une certaine tranquillité.

Cela dit, les revenus ont également changé. Ce que nous pouvions gagner en tant que vacataires, en enseignant dans plusieurs collèges, dépasse légèrement ce que nous gagnons aujourd’hui. Toutefois, l’État a ajouté une augmentation de 20 000 francs récemment, ce qui a été largement relayé dans les médias. Il faut reconnaître que des efforts ont été faits et que des problèmes ont été réglés.

Cependant, un problème persiste : les disparités entre les aspirants, les agents contractuels et les fonctionnaires. Cette situation est source de malaise, car nous sommes dans le même pays, travaillons dans les mêmes collèges et avons été recrutés par le même État. Psychologiquement, c’est difficile à accepter. Pourquoi faisons-nous plus d’heures de travail que les autres, mais sommes moins rémunérés ? Cette inégalité est frustrante.

Certes, l’État a pris des mesures pour améliorer certaines de nos conditions, notamment dans le domaine de la santé, et nous reconnaissons que des changements positifs ont été apportés. Cependant, il reste encore beaucoup à faire pour réduire les disparités et améliorer davantage nos conditions de travail et de vie. »

Quelles améliorations souhaiteriez-vous voir mises en place dans le système éducatif au Bénin pour vous assurer de meilleures conditions de formation, de travail et de vie ?

« La première priorité doit être la construction de bâtiments scolaires dans les établissements. Nous devons bénéficier de meilleures conditions pour étudier et enseigner. L’État devrait donc investir dans la construction de salles de classe, et les ONG pourraient également contribuer. Chaque établissement devrait disposer d’un nombre suffisant de salles pour accueillir tous les enfants en âge d’être scolarisés. Cela est crucial pour le développement du pays. Si nous négligeons l’éducation et fermons les écoles, dans cinq ans, nous risquons de n’avoir que des personnes marginalisées ou sans éducation. Permettez-moi de dire que cela conduirait à une véritable catastrophe sociale. L’éducation est une arme puissante pour le progrès. Il faut donc des salles de classe bien équipées, avec des bancs, des tableaux et tout le matériel nécessaire.

En parallèle, il est essentiel d’améliorer les conditions de vie et de travail du personnel enseignant. Nous souhaitons que ces conditions soient meilleures pour maintenir l’engouement et la passion qui nous animent dès notre sortie de l’École normale supérieure ou de l’université. Quand nous enseignons, nous sortons des âmes innocentes des ténèbres pour les conduire vers la lumière. C’est cela notre mission.

Plus concrètement, pour les aspirants au métier d’enseignant, nous sommes plus de 30 000, dont plus de 20 000 dans la première vague. Si l’État pouvait nous intégrer tous en tant qu’agents contractuels de droit public, cela nous mettrait dans de meilleures conditions. Cela nous permettrait de travailler avec sérénité et de nous sentir à égalité avec nos collègues fonctionnaires. Cela revaloriserait notre statut et notre contribution au système éducatif ne ferait que croître.

De plus, il serait judicieux d’introduire dans le système éducatif béninois des enseignements pratiques dans certaines matières. Par exemple, on pourrait réduire le nombre d’heures en espagnol, passant de 4 à 3 heures, ou en français, de 6 à 4 heures pour le premier cycle et dans d’autres matières également. Le temps libéré pourrait être utilisé pour des activités pratiques. Des formateurs en couture, soudure, mécanique et autres métiers pourraient être affectés dans les collèges. Ainsi, chaque élève aurait, par semaine, 3 heures consacrées à des ateliers pratiques.

Il est essentiel d’améliorer les conditions de vie et de travail du personnel enseignant. Nous souhaitons que ces conditions soient meilleures pour maintenir l’engouement et la passion qui nous animent dès notre sortie de l’École normale supérieure ou de l’université

Cela permettrait de réduire la vision exclusivement bureaucratique de l’éducation. Même si un élève termine avec un baccalauréat ou une licence professionnelle, il pourrait avoir une compétence pratique dans un domaine de son choix. Par exemple, au Ghana, il est obligatoire pour les étudiants de l’université de suivre une formation pratique dans un métier. Cela leur donne une opportunité de subvenir à leurs besoins si leur diplôme principal ne leur ouvre pas immédiatement des débouchés professionnels. Ce modèle pourrait inspirer notre système éducatif et préparer nos élèves à une meilleure insertion sociale et professionnelle. »

Prévert Djossou

Prévert Djossou est titulaire du Brevet d’aptitude au professorat de l’enseignement secondaire (BAPES), l’équivalent de la licence professionnelle pour l’enseignement de l’espagnol obtenu à l’École normale supérieure de Porto-Novo, la capitale du Bénin. Il totalise dix (10) ans dans le système éducatif béninois. Actuellement en service au collège d’enseignement général de Tori-Acadjamè dans la commune de Tori-Bossito, il est par ailleurs titulaire d’un Master 1 en gestion.

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There’s no library or laboratory in our school,” Prévert Djossou, Spanish teacher in Benin

Tell us about your status as a teacher in Benin

“In Benin’s education sector, there are three categories of teacher: state civil servants, contract agents and aspiring teachers. There is an administrative hierarchy in which it is necessary to be an aspirant to the teaching profession before being able to become a state civil servant teacher.

State-appointed and contract teachers generally have better conditions, although the education sector is generally criticized for its shortcomings. Both categories of teacher receive benefits such as back-to-school bonuses, performance bonuses and a standard salary.

On the other hand, aspiring teachers, whether they have graduated from a teacher training college or university and passed the admission tests, are in a different situation. Once deployed in the field, they do not enjoy the same treatment as civil servants and contract staff. For example, they have a significant salary differential of 50,000 francs and are required to teach 26 hours per week, whereas regulations call for 20 hours for all teachers, especially assistant teachers.

This situation creates a feeling of mistreatment among aspirants. Additional problems persist, notably concerning maternity leave for female aspirants. This is why they are calling for their conditions to be harmonized with those of other categories of teachers.”

Do your training school’s programs enable you to cope with the realities of the field, and what can be done to improve them?

“The training materials provided by the teacher training school are adapted to the realities and needs of learners. They enable teachers to transmit the necessary knowledge effectively. However, in the digital age, additional equipment would be desirable to enrich teaching. For foreign languages such as Spanish, technological tools would be particularly useful: video projectors, films, image sequences and audio support would enable students to immerse themselves in the language.

On the whole, the training received is considered relevant and usable in the field. Nevertheless, there is a need to think about employment after graduation. The school should incorporate workshop hours to enable students to learn practical skills. This approach would be beneficial, as developing manual and practical skills would offer an alternative, especially when faced with the lack of jobs on leaving university.”

Is there a continuous learning system for teachers in Benin?

“Quarterly pedagogical animations are organized for each subject. Inspectors or pedagogical advisors take part in day-long or half-day sessions to present the reforms and new realities associated with each subject. When inspectors identify the need to integrate new approaches, they introduce them to teachers. These sessions give rise to in-depth discussions to assess the relevance of the reforms and new proposals. These meetings also provide a platform for teachers to formulate their own proposals, which are forwarded to the Pedagogical Inspectorate for consideration. Feedback is communicated at subsequent training sessions. These sessions are considered essential for updating skills, harmonizing teaching practices and fostering the ongoing evolution of the education system.”

There is a need to think about employment after graduation. The school should incorporate workshop hours to enable students to learn practical skills

Are working conditions adequate in the locality where you teach?

“I teach at the general secondary school of Tori Akadjamé, which is located in the commune of Tori-Bossito, about two kilometers from the paved road to Tori. The rural access track is generally well-maintained, although areas of flooding occur during the rainy season, slightly complicating traffic. The school suffers from a crucial lack of classrooms. While 31 teaching groups are listed, only 21 classrooms are available. Of these 21 classrooms, 8 are built like straw huts, with tin roofs, compromising the safety of occupants.

This lack of infrastructure means that some groups have to wait for a room to become available before they can attend classes. Safety conditions are precarious, as illustrated by a recent episode of heavy rain and strong winds. We quickly realized that we had to evacuate the room. We immediately asked the students to follow us. We left the room and sent them to other rooms where the teachers could no longer teach because there was no light. There’s no electricity in the area or in the school. So that’s one of the strategies that enabled us to avoid the worst. Otherwise, the building would have fallen on us. We’re responsible for any accidents because, as teachers, we’re obliged to ensure the safety of our students from the beginning of the lesson to the end.

Do you have sufficient teaching resources at your school?

“Unfortunately, we don’t have a laboratory at our school, which makes the situation very complicated. What’s more, we find it difficult to preserve the few books we do have. The lack of dedicated space makes the situation even worse: for example, the teachers’ lounge is actually a converted classroom, part of which has been sectioned off for the teachers. Space is so limited that it’s difficult to properly store what little material is available, which complicates matters even further.”

Without a library, how do you manage to teach foreign languages?

“The situation is a little difficult, but we make the best of it. Knowing that these constraints exist, we make every effort to be ready before each lesson, notably by bringing the necessary material ourselves. Today, for example, it’s possible to have a dictionary on your phone, or songs with lyrics that we can play for the students. We use our own means to provide them with the essential notions. Of course, we’d like to have better conditions, like a video projector or other tools made available by the school. However, with the limited resources at our disposal, we do our best to ensure that students, even in overcrowded and sometimes unsuitable classrooms, can receive the necessary instruction.”

What difference do you notice between the hourly charges and your working conditions as a teacher?

“There’s an imbalance in salaries. Let’s be honest: what we earn doesn’t match what we should be paid, especially when you compare our situation with that of other categories of teachers. Yet we do the same work, put in the same effort and have been trained in the same schools. Despite this, we are referred to as “aspiring teachers”, a term that deeply disturbs us. It’s inappropriate to call someone with 10 years’ experience in the education system an “aspirant”. We are already fully integrated into the teaching profession, and this term is clearly pejorative.

As far as bonuses are concerned, state-appointed teachers and public-sector contract employees benefit from special bonuses when they work in disadvantaged areas. Recently, these bonuses have been grouped together and integrated into monthly salaries in the form of performance bonuses, particularly for those who teach exam classes. However, those who don’t work in deprived areas receive smaller amounts, or even none at all. Aspiring teachers, on the other hand, receive none of this.

However, with the limited resources at our disposal, we do our best to ensure that students, even in overcrowded and sometimes unsuitable classrooms, can receive the necessary instruction

Since the introduction of the aspirant’s system, we’re now in our fifth academic year. For the first three years, we received only nine months’ salary, with no vacation pay, while the other categories continued to receive their salaries. Last year, we were paid half salary during the vacations in June and August. This year, the government has announced that we will receive full pay during the vacations, in the same way as other categories. However, there are still major discrepancies.

It is imperative that the government address our situation quickly. Some teachers started out as temporary staff before the introduction of the aspirants, working from college to college for 10 to 12 years. Adding the five years as aspirants, that’s almost 17 years for some, with no clear status. Many of them are now 40 or 45 years old, making it difficult for them to obtain a proper pension after 15 years’ service.

We hope that the government will move swiftly to reinstate the aspirants, with a change of status enabling them to benefit from better living and working conditions, particularly in terms of salary. Obtaining contract agent status would offer the possibility of taking out bank loans, building a house or solving various financial problems. In addition, it is crucial to reduce teachers’ hourly workloads to 20 hours of regular classroom teaching, in line with current standards. These 20 hours of classroom teaching should be supplemented by 20 hours devoted to lesson preparation, research, copy correction and class councils, thus guaranteeing quality teaching for learners.”

Didn’t the introduction of the aspirant’s system solve certain problems in teaching?

“Let’s be honest, the introduction of the aspirants solved a lot of problems. In the days of vacation teaching, teachers had to travel several kilometers to get from college to college. Those lucky enough to have three or four colleges in the same area were able to make arrangements, but travel was still risky. You had to leave a class at 10 a.m. in one college, to be at 10 a.m. in another, before finishing at noon and leaving for a third. This system presented real difficulties. What’s more, payments often stopped at the end of May or, in the best case, the beginning of July, after which you had to cope with four months without pay during the vacations.

In primary schools, community teachers were paid by parent contributions. This sometimes led to precarious situations, such as having to group several grades together under the supervision of a single teacher, for class sizes of up to 100 students.

Today, thanks to the recruitment of aspirants, these problems have been partially resolved. As far as secondary schools are concerned, the aspirant’s system has enabled us to stabilize our teaching staff. We’re now settled in a single college, so we don’t have to move from place to place. At the time, I was assigned to three colleges in the commune of Tori-Bossito, and the travel was exhausting. Now this problem has been solved, we stay in one college, which brings a certain tranquility.

That said, our income has also changed. What we used to earn as part-timers, teaching in several colleges, is slightly higher than what we earn today. However, the state recently added a 20,000-franc increase, which has been widely reported in the media. It has to be said that efforts have been made and problems solved.

However, one problem persists: the disparities between aspirants, contract staff and civil servants. This situation is a source of unease, because we’re all in the same country, work in the same colleges and were recruited by the same government. Psychologically, it’s hard to accept. Why do we work longer hours than others, but get paid less? This inequality is frustrating.

Admittedly, the state has taken steps to improve some of our conditions, particularly in the area of healthcare, and we recognize that positive changes have been made. However, much remains to be done to reduce disparities and further improve our working and living conditions.”

What improvements would you like to see implemented in Benin’s education system to ensure better training, working and living conditions?

“The first priority must be the construction of school buildings. We need better conditions in which to study and teach. The State should therefore invest in building classrooms, and NGOs could also contribute. Each school should have enough classrooms to accommodate all school-age children. This is crucial to the country’s development. If we neglect education and close schools, in five years’ time we risk having only marginalized or uneducated people. Let me say that this would lead to a real social catastrophe. Education is a powerful tool for progress. So, we need well-equipped classrooms, with benches, blackboards and all the necessary materials.

At the same time, it is essential to improve the living and working conditions of teachers. We want these conditions to be better, to maintain the enthusiasm and passion that drives us right from the time we graduate. When we teach, we lead innocent souls out of the darkness and into the light. That’s our mission.

More concretely, there are over 30,000 aspiring teachers, including more than 20,000 in the first wave. If the State could integrate all of us as contractual employees under public law, it would put us in better conditions. It would enable us to work with serenity, and to feel on an equal footing with our civil servant colleagues. It would enhance our status, and our contribution to the education system would only grow.

It is essential to improve the living and working conditions of teachers. We want these conditions to be better, to maintain the enthusiasm and passion that drives us right from the time we graduate

What’s more, it would be a good idea to introduce practical teaching into the Beninese education system in certain subjects. For example, we could reduce the number of hours in Spanish from 4 to 3, or in French from 6 to 4 hours for the first cycle, and in other subjects too. The time freed up could be used for practical activities. Trainers in sewing, welding, mechanics and other trades could be assigned to the middle schools. In this way, each student would have 3 hours a week devoted to practical workshops.

This would reduce the exclusively bureaucratic view of education. Even if a student ends up with a bachelor’s degree or vocational license, he or she could still have a practical skill in a field of his or her choice. In Ghana, for example, it is compulsory for university students to undergo practical training in a trade. This gives them an opportunity to support themselves if their main degree doesn’t immediately open up professional opportunities. This model could inspire our education system and prepare our students for better social and professional integration.”

Prévert Djossou

Prévert Djossou holds a Brevet of teaching qualification in secondary education, the equivalent of a professional license for teaching Spanish, obtained at the École normale supérieure in Porto-Novo, the capital of Benin. He has spent a total of ten (10) years in the Beninese education system. Currently working at general secondary school of Tori-Acadjamè in the commune of Tori-Bossito, he also holds a Master 1 in management.

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